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L’observance médicamenteuse : comprendre les difficultés, proposer des solutions.

  • michelausseil
  • 12 nov.
  • 3 min de lecture

La non-observance, un enjeu de santé sous-estimé

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L’observance des traitements médicaux, c’est-à-dire le respect par le patient des prescriptions de son médecin, reste un défi majeur dans le suivi thérapeutique. Selon l’OMS, en France, la non-observance concerne 30 % des patients chroniques, et seuls 40 % des patients en moyenne observent bien leur prescription. Trop souvent, les difficultés à suivre correctement les traitements sont mal comprises ou sous-estimées, avec des conséquences parfois graves sur la santé. Dans cet article j’explore différentes facettes du problème, et évoque le rôle d’un « coach de santé ».

Quand ma pharmacienne éclaire le problème

Récemment, ma pharmacienne m’a rapporté avoir lu un article sur la surprescription de médicaments contre l’hypertension : face à une tension non contrôlée, les médecins ajoutent souvent un deuxième, voire un troisième médicament, alors qu’en réalité, le problème provient parfois d’une mauvaise prise du premier traitement. Des études montrent ainsi que, dans certains cas, la moitié des patients considérés comme « résistants » aux traitements ne les prenaient en fait pas correctement (source : larevuedupraticien.fr).

Autre exemple frappant : un client lui affirma prendre son traitement tous les jours, sauf le dimanche. Interrogé sur cette pause dominicale, il expliqua que la boîte de médicaments était divisée en plaquettes de six comprimés, en déduisant qu’il ne fallait les prendre que six jours par semaine.

Ces anecdotes montrent combien un simple malentendu ou une interprétation personnelle peuvent compromettre l’efficacité d’un traitement. Elles soulignent la nécessité d’un accompagnement individualisé et d’une explication claire des consignes.

Et quand mon expérience personnelle l’illustre

À la suite d’une opération de hernie inguinale, j’ai reçu une ordonnance comprenant des antidouleurs oraux et dix injections destinées à prévenir les phlébites. Ayant bien récupéré et étant actif, j’ai jugé que ces injections n’étaient pas nécessaires pour moi et je n’en ai fait que deux sur dix. Lors de la visite de suivi, le praticien m’a expliqué que ce choix m’avait exposé à des risques, car les complications peuvent survenir même chez une personne en forme. Il a alors reconnu : « J’aurais dû vous l’expliquer. »

Cette expérience personnelle met en évidence le rôle crucial de la communication entre soignant et patient. Une explication trop rapide ou implicite peut entraîner une mauvaise compréhension des enjeux, et donc une observance partielle.

Ma tendinite au genou, un autre défi de l’observance

La question de l’observance ne se limite pas aux médicaments. Elle se pose également lors de la rééducation

La semaine dernière, mon kinésithérapeute m’a reproché de ne pas avoir réalisé les exercices de musculation du genou qu’il m’avait montrés en séance. Or, plusieurs obstacles m’ont freiné : d’abord, ce n’est pas parce qu’on fait un exercice une fois qu’on sait le reproduire seul ; ensuite, je craignais de mal faire ou de me blesser ; enfin, il faut reconnaître que ma motivation n’est pas au rendez-vous, car ces exercices sont fastidieux : l’observance dépend aussi de la confiance, de la compréhension des gestes à accomplir et de la capacité à se motiver dans la durée.

Comment améliorer l’observance ?

Qu’il s’agisse de traitements ou de rééducation, la non-observance résulte souvent d’une combinaison de facteurs : manque d’explications adaptées, croyances personnelles, peur des effets secondaires ou des blessures ou simplement perte de motivation.

Il s’agit d’un enjeu majeur, aux conséquences parfois graves pour le patient.

Face à ces difficultés, il est important d’établir entre le médecin et le patient une communication fluide : Adapter les explications au vécu et aux questionnements du patient, prendre le temps de reformuler et de vérifier la compréhension. Instaurer une relation de confiance avec le patient, l’encourager à exprimer ses doutes, ses peurs ou ses difficultés, et à poser toutes ses questions. Fixer des étapes atteignables pour favoriser l’engagement et le sentiment de réussite.

Mais bien sur cela est trop souvent difficile par manque de temps (les médecins et autres professionnels de santé sont souvent débordés) et parfois par manque de compétences relationnelles : mais heureusement cela s’apprend 😊.

Le rôle du coach de santé : auprès des patients et des professionnels de santé

Dans ce contexte, le coach peut jouer un rôle précieux.

D’abord comme un partenaire, au service du patient et en lien avec les professionnels de santé, pour que chaque traitement trouve sa pleine efficacité. Il ne se substitue ni au médecin ni au pharmacien, mais il aide la personne à identifier ses freins, à clarifier ses objectifs, à renforcer sa motivation et mettre en place des stratégies adaptées.

Mais aussi comme un partenaire au service des professionnels de santé, dans des actions de formation sur la communication, ou de coaching personnel.


 
 
 

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